Black Mirror : Les dangers du contrôle parental

Episode 2 saison 4 Black Mirror"Arkangel"

Le 15.01.2018

Les dangers du contrôle parental "In Real Life"
ou les dangers du système arkangel

    Associer le terme "contrôle" avec "parent" est particulièrement irritant. Comme si la fonction primaire d'un parent était de maîtriser, dominer, examiner et diriger la vie de son enfant. Ces termes sont paradoxaux car la nature du parent serait beaucoup moins radical. Il s'agirait plutôt de surveiller, éduquer, protéger et accompagner son enfant jusqu'à ce qu'il mène sa propre vie d'adulte. Ainsi, le terme "contrôle parental" démontre toute l'évolution de la notion de parent. Les parents employant des mesures coercitives et excessives furent un temps, puis dans une période contemporaine des parents plus laxistes aux mesures éducatives ou préventives et aujourd'hui carrément amorphes et désintéressés de leurs rôles pour certains d'entre eux qui se font de plus en plus nombreux.

    En effet, au-delà de la terminologie contradictoire, le contrôle parental est un outil au service des parents qui produit des effets sur la personne de l'enfant. L'épisode 2 de la saison 4 de Black Mirror nommé "arkange" est un modèle concernant les rapports parent-enfant.

    En résumé, Sara, une petite fille jouant dans un parc, échappe à la surveillance de sa mère et se perd. Cherchant désespérément sa fille, la mère de Sara retrouve enfin son enfant après plusieurs heures de recherche. Cette situation traumatisante pour la mère entraîne une décision radicale. En effet, à l'aide d'un système futuriste nommé arkange, l'enfant se trouve sous contrôle parental IRL (in real life). Le système permet aux parents via une tablette de localiser l'enfant à tout moment, de connaître son état de santé, de voir à travers ses yeux, d'avoir accès à sa mémoire et de manière plus radicale, censurer à distance toute scène à caractère violent rencontrée.

    Cet épisode nous questionne sur le rôle des parents envers leurs enfants ainsi que leurs prérogatives. Bien plus encore, on se demande si le contrôle parental ne serait pas une mesure dangereuse, nocive pour les enfants qui y sont soumis.

    L'épisode étudié semble répondre par l'affirmative à cette question. Ce raisonnement est binaire et démontre l'impact négatif du contrôle parental sur les enfants. D'une part, c'est la peur qui semble justifier une mesure coercitive telle que le contrôle parental. En effet, la mère avait perdu son enfant qui était pourtant sous sa surveillance. Mais sa surveillance fût perfectible puisque l'enfant a pu échapper à la vigilance de sa mère. Ce contrôle est utilisé tous les jours sur un enfant exclu de toute vie sociale.

D'autre part, la mesure semble trop contraignante pour un enfant en manque total d'épanouissement, figé dans un monde dont elle n'a aucun contrôle ce qui provoque des troubles graves du comportement chez l'enfant. Cela aura pour effet l'arrêt du contrôle parental provisoire. Cependant, le contrôle est addictif. La mère ne peut pas s'empêcher d'utiliser à nouveau le contrôle sur l'enfant alors âgée de 15 ans. Ce contrôle devient illimité et excessif, voire maladif ce qui provoquera une destruction de tous liens familiaux et in fine, la fugue de l'enfant désirant enfin vivre sa propre vie.

   L'épisode de Black Mirror démontre toute la dangerosité du contrôle parental (I), ce qui est paradoxal car c'est une mesure qui est initiée par des parents non pas uniquement pour protéger leurs enfants mais aussi protéger les parents titulaires de ces prérogatives contre leurs propres peurs. Ainsi, le contrôle parental a des effets secondaires sur l'enfant car il détruit tous liens familiaux (II). Le contrôle parental serait donc une mesure peut-être trop excessive au vu de ces effets constatés dans l'épisode étudié.

I- La dangerosité du contrôle parental : Paradoxe d'un traitement initié par des parents pour combattre leurs propres peurs

C'est la notion de risque et a fortiori de danger qui justifie la mise en place du contrôle parental. Ainsi, cette mesure préventive semble a priori compréhensible (A), mais il présente des inconvénients tels que l'addiction à l'exercice dudit contrôle par le parent et relativement perturbateur pour l'enfant (B).

A) Une mesure préventive justifiée par la notion de risque et de danger a priori compréhensible

   L'élément déclencheur - de la mise en oeuvre du système arkange est la disparition de Sara. Perdre son enfant dans la nature, voici l'un des dangers les plus graves et angoissants pour un parent. Cette situation que l'on ne souhaite à aucune personne entraîne un état de panique sans précédent, crise d'anxiété et d'angoisse affolante qui s'aggrave lorsque la recherche tarde à aboutir.

Le regard porté sur notre société est négatif et pessimiste puisque ce qui épouvante le plus les parents n'est pas uniquement la disparition de leur enfant, mais plutôt l'environnement dans lequel se retrouve l'enfant perdu. Lorsque l'enfant disparaît, on imagine le pire : la mort, un enlèvement, le risque d'être renversé par un véhicule ou autre, la peur que son enfant tombe nez à nez avec une personne mal attentionnée... En bref, c'est la confrontation au monde extérieur dangereux pour tout âme innocente ''L'homme est un loup pour l'Homme" après tout.

C'est à se demander qui est le plus calme entre l'enfant perdu ou les parents cherchants désespérément leur enfant? L'enfant qui ne s'est même pas encore rendu compte qu'il n'était plus sous la surveillance de sa mère ou la mère en pleurs et criant à l'aide pour retrouver son enfant. Cette atmosphère de panique est parfaitement retranscrite dans l'épisode arkange de Black Mirror. On y voit une mère désemparée et paniquée face à la disparition de sa fille pourtant supposée être sous sa surveillance.

Aujourd'hui, ces risques sont de même nature mais sont beaucoups plus fréquents puisque favorisés par Internet ou tout autres  outils technologiques qui sont producteurs de dangers. Un enfant de 10 ans a déjà un téléphone portable et un ordinateur entre les mains. Parfois, il joue aux jeux vidéos à caractère souvent violent, car ce qui se vend le plus et il accède à une multitude d'informations non soumises à la censure ou à un simulacre de prévention illustré par des signalétiques souvent inefficaces. Un enfant aujourd'hui a accès à des contenus destinés aux adultes en toute facilité. Bien plus encore, un accès illimité à l'information ce qui permet d'affirmer qu'un enfant aujourd'hui pourrait connaître une thématique en quelques jours alors qu'elle nécessiterait normalement plusieurs mois, voire plusieurs années de recherche pour parvenir à une réponse constructive et détaillée. Si de telles perspectives semblent alléchantes sur le papier, la réalité est tout autre.

Tous ces éléments présentent des risques pour l'enfant. Que ce soit sur les réseaux sociaux donnant régulièrement lieu à un lynchage "on line" donc forcément public. Un déferlement de haine que pratiquement tout adolescent a plus ou moins subi dans sa vie. Plus grave encore, la pédophilie ou le piratage qui entraîne souvent le chantage de son auteur notamment lorsqu'il s'agit de photos intimes dérobées.

On limite l'âge d'utilisation de services déterminés et leurs contenus parfois mais pas l'accès à l'objet lui-même ou au contenant. Cette situation semble incompréhensible. Cette décision revient aux parents qui, pour la plupart, n'ont connu que les prémices de la technologie ou plus précisément d'Internet. Souvent, ils n'en connaissent pas les dangers. Ils sont peu informés, naïfs et surtout peu au courant de l'avancée réelle de leurs enfants. Comment un parent désintéressé de l'outil utilisé par son enfant peut-il avoir conscience du danger? (Bien-sûr cela ne s'applique pas aux plus curieux des parents déjà adeptes des technologies 2.0.). Il y a sans doute là une fracture générationnelle dont très peu se bornent à réduire. L'éducation est le chaînon fondamental pour préserver son enfant mais l'éducation ne fait pas tout. Eduquer, ce n'est pas soumettre son enfant perpétuellement à des règles contraignantes. Certains spécialistes diront peut être que cela provoque l'effet inverse chez l'enfant enclin à un esprit contradictoire.

Lorsque la petite Sara se perd, ce n'est pas la faute de son éducation, ni même de sa mère. Qui peut exciper en se bas monde qu'il garantit que son enfant restera prudemment à jouer dans un parc même sans surveillance? Personne. Nous ne pouvons pas juger un parent pour une erreur si fréquente ou une négligence. En effet, c'est parce que l'Homme est perfectible que l'on ne punit pas la simple négligence. Toute personne éclairée, dans la même situation aurait sans doute fait la même erreur. Dans la scène étudiée, l'enfant se perd surtout car sa mère est occupée à discuter avec une connaissance. Un bref moment d'inattention suffit à la jeune fille pour s'évaporer dans la nature. Ce momentum qui ne dure qu'une fraction de seconde, les parents le connaissent parfaitement. L'assiduité perpétuelle n'existe pas, nous ne pouvons pas nous concentrer entièrement et pendant une longue durée sur la surveillance de nos enfants. Nous le rappelons, l'Homme est perfectible, nous ne sommes pas des machines.

Cependant, nous pouvons constater les effets parfois dévastateurs d'une simple négligence ou d'un simple moment d'inattention. En effet, la notion de risque reste une éventualité, une spéculation même s'il est réel. En effet, il n'y aucune certitude sur sa réalisation. Le risque a un caractère incertain. L'enfant perdu pourrait revenir sur ses pas, rencontrer votre belle-soeur, trouver une personne attentionnée qui le ramènera à votre domicile. Perdre son enfant ne signifie pas stricto sensu un événement tragique même si cela peut être le cas. D'ailleurs, même si un parent a peur que le pire arrive, cette peur grandit au fur et à mesure que l'enfant n'est toujours pas retrouvé. Cependant, l'espoir de voir surgir l'enfant est très présent. Jusqu'au dernier moment cet espoir reste vivace. Par exemple, à la vue d'un enfant qui ressemble au vôtre, un cri dans les buissons... même des mois après la disparition d'un enfant, l'espoir de le retrouver subsiste.

   Le danger- lui, quasi synonyme du risque semble néanmoins un terme plus radical. Pourquoi la mère de Sara prend un autre chemin au début de l'épisode alors que le chien qui semble l'inquiéter est derrière un grillage? Il n'y a pourtant aucun danger pour l'enfant. En effet, l'enfant ne semble pas du tout apeuré par le chien. C'est la mère qui semble en avoir peur, être craintive. Bien sûr, ce n'est pas parce qu'un enfant n'a pas peur qu'il n'est pas soumis au danger. En soit, un enfant ne sait pas naturellement ce qui est bon ou mauvais pour lui, ce qui est dangereux ou pas. Cependant, la précipitation de la mère nous intrigue. Elle démontre la nature craintive d'une mère tout au long de l'épisode et surtout sur-protectrice. C'est la mère qui a peur du chien, pas l'enfant. Le problème récurrent de la peur est qu'il se transmet. Ainsi, nombreux sont les parents qui transmettent à leurs enfants une peur sans que jamais l'enfant y ait été confronté ni même ne sache la définir.

Néanmoins, le danger est partout, il est réel. Il ne faut pas le sous estimer ou le minimiser. Mais, en raison d'un éventuel danger, il ne faudrait pas isoler son enfant au nom de la préservation de son innocence et de sa sécurité. A vouloir contrôler son enfant, partant d'une bonne attention certes, n'y a t-il pas un danger pour l'enfant lui-même subissant cette mesure?

Mise en place du système Arkangel
Mise en place du système Arkangel

B) Un contrôle addictif et perturbateur pour l'enfant

    Addictif- L'installation du système arkange devenu effectif, nous nous intéresserons à l'exercice du système, son utilisation. En effet, le titulaire du contrôle parental est doté de prérogatives exceptionnelles. On dépasse la simple autorité parentale puisque l'utilisateur s'immisce totalement dans la vie de l'enfant. Autant dire que cette pratique est addictive puisque la mère de Sara va toujours plus loin dans son contrôle et ce, toujours plus longtemps.

Le contrôle parental est exercé de manière illimité. La mère dispose de pouvoirs absolus sur l'enfant. Que ce soit la possibilité de censurer les images à caractère violent plus radicalement la vue de l'enfant est obstruée face à toute situation violente rencontrée dans la vie. Ainsi, nous pouvons illustrer nos propos par une scène ou Sara âgée d'environ dix ans voir plus ne peut pas voir le fameux chien qui aboie dans la rue ni même ses camarades faisant des gestes déplacés. Bien plus encore, elle ne peut même pas entendre une quelconque insulte. En bref, tout ce qui peut être sujet au stress pour l'enfant ou à une augmentation de son rythme cardiaque est censuré. Ainsi, ce que l'enfant voit ne sont que des images floues.

Ces dispositions semblent représenter le fantasme de certains parents bien trop excessifs et omnibulés par le contrôle de la vie de leurs enfants. Dépassant toutes les limites du possible et de l'imaginable, ce mode de contrôle est bien trop dangereux et excessif.

Ce qui est excessif c'est dépasser le cadre de la normalité. En effet, ce contrôle intrusif dans la vie de l'enfant présente nombreuses dérives. Tout d'abord, le système est activé dès que l'enfant quitte la maison afin que la mère s'assure qu'elle est arrivée à bon port. Or, l'utilisation normale de ce contrôle serait de l'utiliser en cas de doutes sur l'arrivée à destination de l'enfant. De plus, géolocaliser son enfant tous les jours démontre encore une fois l'obsession maladive de la mère. Nous dépassons même l'excès lorsque la mère utilise le système pour vérifier que l'enfant fait bien ses devoirs. Une autre scène, lorsque l'enfant court dans un placard à l'abri du regard de sa mère pour aller chercher un biscuit. Sa mère, grâce à un seul clic voit ce que l'enfant fait et lui interdit de prendre deux gâteaux. La mère se désolidarise de sa fille en l'abandonnant à un système électronique.

Un autre exemple criant, lorsque la mère vérifie si l'enfant fait ses devoirs. Est-ce trop difficile de se lever et de vérifier le bon déroulement des devoirs de son enfant? Non, la responsabilité parentale, le devoir de s'occuper de son enfant laisse place à la paresse et in fine, un manque de communication. Ce contrôle est une atteinte à la vie privée de l'enfant qui ne pourra jamais avoir ses propres secrets. Ces secrets ne sont pas malsains, ils forgent une expérience, un caractère et un point de vue personnel sur le monde qui nous entoure. Un petit copain, un baisé volé, prendre un biscuit dans la cuisine, colorier au lieu de faire ses devoirs, faire un cadeau à sa maman? Tout cela est impossible lorsque le contrôle est activé. La mère sait tout sur tout et à tout moment, l'enfant est prisonnier et enchaîné dans une cage à double tour dont il ne peut pas sortir. Cette addiction au contrôle exercé par la mère de l'enfant provoque des pathologies graves chez celui-ci.

   Perturbateur pour l'enfant- Cet isolement et cette absence d'intimité sont perturbateurs pour l'enfant. En effet, nous pouvons le constater car la jeune fille est renfermée sur elle-même et n'a pratiquement aucune vie sociale. Les enfants excluent la petite fille car elle est contrôlée par sa mère. Dans l'épisode susvisé "ne lui parle pas, laisse-là, c'est qu'une balance". De plus, la jeune fille est exclue également car elle ne comprend pas le langage commun. Tout ce qu'elle entend ce sont des bourdonnements, des phrases incompréhensibles soumises à la censure du système arkange. Elle ne voit qu'un nombre déterminé d'expression faciale. Sa vision du monde est obstruée comme son audition. Nous ne pouvons que déplorer cette situation. Nous ressentons de l'empathie à ce moment. Comme elle ne comprend pas alors on l'exclut, elle n'a quasiment pas d'amis et ne peut pas dialoguer correctement puisque la moitié des phrases lui sont censurées. En sus de l'isolement nous pouvons constater la solitude chez un enfant malheureux d'être exilé de toute vie sociale. Même ses fonctions vitales sont analysées, si l'enfant manque de fer il sera aussitôt contraint de manger en conséquence car sa mère sera alertée. L'enfant devra avoir une santé parfaite, aucun excès ou aucune carence en vitamine ne sera tolérée. Nous ne nous attarderons pas là-dessus mais c'est encore un excès déclencheur de dépression, de mal-être et d'envies suicidaires.

Des troubles du comportement que nous constatons dans une scène lourde de sens et qui démontre parfaitement les effets nocifs du système arkange. Lorsque l'enfant dessine un personnage ensanglanté, l'illustration du sang est aussitôt censurée. L'enfant ne peut même pas dessiner du sang au crayon rouge sur une simple feuille de papier. Cette incompréhension provoque un choc émotionnel chez l'enfant qui va s'auto-mutiler avec son crayon pour qu'elle puisse voir son propre sang. Cette réaction se comprend lorsque l'enfant est dépressif, anxieux ou en manque affectif. L'enfant se remet en question et peut-être remet en question sa propre existence d'où le dessin représentant un enfant mort ou grièvement blessé puis sa réaction. Sans doute que l'enfant souhaite échapper à cette censure par son geste. Ainsi, nous l'aurons dûment constaté, ce contrôle parental IRL est dangereux et perturbateur pour l'enfant, a fortiori, destructeur pour les liens familiaux.

Troubles du comportement
Troubles du comportement

II- Les effets secondaires : La destruction de tous liens familiaux

A) L'impossibilité de tout contrôler : La réalisation des risques malgré les mesures prises

    Le contrôle parental est perfectible- nous l'avons déjà démontré ultérieurement. Il provoque des troubles comportementaux chez l'enfant assujetti et affecte tous liens familiaux. C'est pour ces raisons que dans l'épisode arkange, suite à l'automutilation de sa fille, la mère décide de mettre de côté le système arkange sur le conseil avisé de spécialistes. La cessation provisoire du contrôle parental va être un moment important dans la vie de Sara. Cependant, si la mise en place du contrôle fût brutale, son arrêt le fût tout autant et va nécessairement provoquer des troubles d'une autre nature chez la jeune fille jusqu'alors sous l'emprise de sa mère.

En effet, lorsque le système arkange cesse la jeune fille cherche naturellement à connaître tout ce qui lui avait été censuré. Ainsi, elle trouve comme repère son camarade d'école sans doute pas le mieux placé pour l'informer sur des sujets sensibles. Puis, s'ensuit un déferlement d'informations censurables- qui sont montrées à l'adolescent : vidéo pornographique à outrance, scène de guerre, de violence, de meurtre, des suicides, attentats, films d'horreur ou toute autre barbarie dans un laps de temps réduit.

Cette scène ou le camarade de Sara montre via son ordinateur toutes ces situations réservées à un public averti se divise en deux parties que nous tenterons d'analyser brièvement :

Tout d'abord, il est naturel que Sara se tourne vers un camarade pour s'informer sur tout ce qu'on lui a empêché de voir. Ce n'est certainement pas chez sa mère, que l'on qualifie plus justement de censeur, qu'elle pourra s'ouvrir au monde puisqu'elle est à l'origine de cet état de fait. Il n'est pas anodin non plus qu'elle se soit tournée vers l'un des éléments perturbateurs de son école. Certainement que son Curriculum vitae de jeune voyou remplissait toutes les compétences requises pour présenter tous les interdits. Loin de nous l'idée de déshumaniser ce camarade ou de le juger car nous apprécions le regard qu'il a pu porter sur une enfant écartée de toute vie sociale par sa mère et ses camarades.

D'autre part, cette réception d'information chez l'enfant nous choque particulièrement. C'est le revers de la médaille. Après la censure, un accès illimité à un monde de débauche dénué d'explications rationnelles et non contextualisé. Une explication des faits bien trop insuffisante par un garçon qui lui-même ne semble pas comprendre la gravité des scènes qu'il montre.

En montrant ces scènes à la chaine, l'enfant s'abreuve d'informations ce qui va être troublant. En effet, l'enfant en grandissant croit que ce qui lui était initialement censuré est le chemin à suivre. Ce serait un modèle, un exemple mais cette affirmation est erronée. Les scènes de violence physique peu importe leur nature ne sont pas des exemples de conduite surtout pour un enfant qui n'a pas pu se forger de personnalité solide. Ainsi, l'enfant vierge de toute vision violente mime les scènes qui lui sont montrées.

Effectivement, nous sommes heureux que l'enfant ait enfin "retrouvé la vue" car sa mère la rendait aveugle du monde qui l'entourait. Néanmoins, nous regrettons que l'enfant se gave de toutes ces informations néfastes bien que réelles. Le fait que nous démontrons le caractère néfaste du contrôle parental ne signifie pas non plus que nous acceptons ce qui est censurable ou qui doit être censuré pour les jeunes enfants.

   En effet, l'enfant est à la dérive- suite aux scènes expliquées intra. Les images violentes lui sont montrées alors qu'elle est une enfant et les répercussions apparaissent à l'adolescence lorsque Sara est âgée de 15 ans. Sara veut rattraper le temps volé et pour ce faire elle réalise tous les interdits. C'est l'échec du contrôle parental en tous points. Par exemple, elle se drogue car elle est curieuse de l'effet sur elle ou peut-être simplement car elle est amoureuse et qu'elle veut impressionner son copain, être en osmose avec lui. De plus, des troubles apparaissent lorsqu'elle imite une actrice pornographique pendant son rapport sexuel avec son petit ami. Des rapports sexuels apparemment non protégés puisqu'elle tombera enceinte quelques mois plus tard... C'est normal qu'elle désire découvrir de nouvelles expériences, nous ne lui en tiendrons pas rigueur, ce n'est qu'une adolescente après tout, cette curiosité, braver les interdits est commun à tous adolescents.

Cependant, nous comprenons plutôt ce phénomène de mimétisme comme une manifestation de l'échec de la mère en tant que parent. En effet, en utilisant un système de contrôle au lieu d'utiliser elle-même son autorité parentale, la mère s'est totalement dédouanée de son rôle de mère. La conséquence est que sa fille se trouve face aux dangers que sa mère avait mis tant d'argent (certainement pas d'ardeur puisque le système entraine une fainéantise et une désolidarisation de la mère) pour la préserver de tous dangers (intra).

Ainsi, les risques sont réalisés- puisque l'enfant est à nouveau en danger. Le système était certes en stand by mais ce que nous voulons démontrer, c'est que la conséquence de l'utilisation du système est ce qui a provoqué ces situations désastreuses : Mauvaises fréquentations, drogue, rapports non protégés, mimétisme d'acteurs pornographiques, violence envers sa mère à la fin de l'épisode, mensonges récurrents.

De ce fait, la mère qui réactive le contrôle parental souffre de ces découvertes sur sa fille. Ainsi, l'enfant est en état de souffrance lorsqu'elle découvre que la surveillance de sa mère n'a jamais réellement cessé et la mère à son tour lorsqu'elle découvre précisément sa fille dans des ébats sexuels.

L'autre élément caractérisant l'échec du contrôle parental IRL est l'inertie de l'enfant- au début de l'épisode lorsque son grand-père pris d'une crise cardiaque demande à l'enfant de se saisir du téléphone pour appeler les secours. Le système a flouté sans détour cette situation. Ainsi, l'enfant ne pouvait pas comprendre que son grand-père était en danger. Certes, le système ayant alerté la mère d'un état de stress de l'enfant a pu sauver la personne en danger. Mais cette situation ne serait pas si grave et serait résolue plus vite sans le système arkange. Encore une fois, nous pouvons constater une défaillance du système.

B) La perte de contrôle sur l' enfant : Le corollaire d'un traitement inefficace sur le long terme

    Finalement, le système Arkange est un échec-En effet, ce pourquoi il a été activé était d'empêcher la disparition de Sara. La surveiller constamment pour que plus jamais elle ne puisse échapper à la surveillance de sa mère comme elle avait pu le faire plus jeune. Cependant, l'épisode se termine comme il avait commencé, c'est-à-dire par la fugue de Sara du foyer familial.

Sara n'a jamais pu se confier à sa mère car elle en connaissait les réactions démesurées. Elle a préféré se confier à une tierce personne libre de ses actes. Sara n'est plus une enfant, elle a conscience de ce qu'a pu lui faire subir sa mère. Lorsque sa mère a connaissance de la dérive de sa fille, elle fait silence. Ce mutisme est difficilement compréhensible, elle préfère observer plutôt que d'agir. Agir, ce n'est pas ce qu'elle a fait c'est-à-dire entrer en conflit avec ce fameux camarade à l'influence néfaste sur sa fille. Ni introduire dans la boisson de l'enfant des pilules contraceptives contre son gré. Cela manifeste l'impuissance d'une mère incapable d'agir correctement, de dialoguer.

Ainsi, nous condamnons ce genre de comportement primaire et qui n'aboutit à rien, à part créer une autre situation de violence et d'incompréhension chez l'enfant victime. Nous aurions préféré un dialogue entre les deux protagonistes et non pas ce voyeurisme de la mère sur son enfant. Pourquoi ne pas avoir expliqué à sa fille ce qui est bien ou mal plutôt que de la censure? Pourquoi ne pas avoir discuté avec elle lorsqu'elle l'a vue à la dérive?

Oui, il était compliqué pour la mère de justifier un dialogue sans révéler qu'elle utilisait le dispositif arkange. Cela pourrait entraîner une suspicion de l'enfant. Cependant, ce système s'est substitué entièrement à la mère mais ce n'est qu'un outil, il ne peut réellement remplacer un parent.

   Le contrôle parental est un simulacre d'autorité- il révèle l'impuissance des parents à éduquer leurs enfants, dialoguer avec eux. La mère ne sait peut-être pas comment réagir face à ces situations car elle passe de l'inertie à la diligence excessive sans jamais trouver le juste milieu que l'instinct maternel devrait pourtant guider. Le contrôle de l'enfant est totalement perdu et s'aggrave à l'adolescence. Sara devient dépressive, en manque de repère et ne comprend pas pourquoi son petit copain a coupé court à leur relation sans aucune explication. L'absence récurrent de la mère fait que Sara se retrouve totalement seule et livrée à elle-même. La déprime de Sara est particulièrement touchante car c'est à ce moment précis que l'on découvre le pouvoir destructeur du système arkange. La mère de Sara n'était jamais présente réellement, que ce soit pour les devoirs de l'enfant ou pour lui interdire ou l'autoriser à faire quelque chose.

En conséquence, le système arkange est un échec sur le long terme pour ne pas dire un échec tout court. En début d'épisode, un spécialiste le présentait comme un outil révolutionnaire sans effets secondaires mais nous les avons énumérés, ces effets sont réels et dangereux.

Bien sûr nous portons un regard critique objectif et nous ne pouvons nous empêcher de spéculer sur ce que serait la vie de Sara sans le système arkange. En effet, sans le système peut-être que les risques se seraient réalisés quand même car rien nous assure du contraire. A contrario, peut-être que l'effet serait inverse. Sara aurait eu un dialogue constructif avec sa mère et éprouvait du rejet envers ce camarade violent ou vers toute scène choquante et ce de manière naturelle.

   En conclusion- le contrôle parental arkange "contrôle parental IRL" est négatif, néfaste à la fois pour celui qui le subit mais aussi pour son utilisateur. Un système beaucoup trop intrusif et voyeuriste dans la vie de l'enfant qui détériore sa santé. A fortiori, il détruit tous les liens familiaux. La qualité de parent est substituée par celle de censeur et fait obstacle à tout dialogue que l'on devrait normalement retrouver dans une famille. Il serait beaucoup plus adapté de demander des conseils à des proches d'expérience, voire à des spécialistes sur la manière d'éduquer son enfant et de le préserver plutôt que de prendre des mesures aussi radicales et dont les résultats sont terriblement mauvais. Plus généralement, nous regrettons l'inertie de l'état dans l'éducation des enfants. Certes ce n'est pas son rôle initial mais l'institution parentale étant parfois en difficulté, pourquoi l'institution étatique autoproclamée état-providence n'agit-elle pas ? Après tout, il en a les moyens. Certes ce serait entacher l'état démocratique d'un caractère despotique s'il s'immisçait dans la vie privée mais la réalité est qu'aujourd'hui un enfant passe plus de temps à l'école avec ses professeurs et camarades qu'avec ses parents. Ainsi, dans la pratique c'est déjà à l'école qu'une grande partie de l'éducation est faite plus précisément ce sont nos camarades écoliers qui nous apprennent la vie ou du moins ce qu'ils croient l'être.

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